Miracle de Solène Bakowski

miracle

Mon avis : J’avais lu quelques retours à la sortie de ce livre. Certains étaient déçus par l’estampille thriller. En effet, nous ne sommes pas ici en présence d’un thriller traditionnel au sens du terme. Donc c’est sans aucune idée préconçue que je me sis plongée dans ma lecture.

Totalement embarquée par le personnage de Laure, sa vie, son monde qui s’écroule, ses rêves et son combat. Apprendre sa maladie et que son temps est compté va changer sa relation avec les autres et ses appréhensions de la vie. Ses choix et orientations vont être guidés par ce temps qui passe et qui la rapproche d’une mort certaine.

Une première partie consacrée à son projet de traverser l’Atlantique avec le bateau de son père qui a lui-même péri en mer. Grâce aux réseaux sociaux, elle va trouver du soutien psychologique et le financement pour pouvoir assouvir son projet dans de bonnes conditions.

Lors de son périple peuplé d’embuches et d’événements inattendus, j’ai beaucoup apprécié la façon dont l’auteur nous détaille les pensées de Laure qui rejoint New York.

L’auteur nous montre bien que lorsque les jours sont comptés, les gens veulent, ‘ils le peuvent, assouvir de grandes choses qui leurs tiennent à cœur. Le lendemain a peu d’importance, seul le fait de savourer le temps limité qui reste à vivre.

Le monde de la maladie est peuplée d’injustice, les descriptions dans l’hôpital des enfants sont poignantes. Le quotidien des jeunes malades et de leur famille est très bien exprimé.

Les chapitres mentionnant des dates nous montrent le temps qui passe pour Laure. Le lecteur voit le compte à rebours.

Les réseaux sociaux peuvent avoir du très bon mais sont capables du pire. Planqués derrière leur écran certains déversent leur haine à longueur de journée, voir harcelle. La vie de certaines personnes peut rapidement devenir un enfer. Et quand le Miracle va avoir lieu pour Laure… Je vous laisse découvrir la réaction des internautes.

Un très bon roman noir, même si certains passages dont la dernière partie m’ont moins convaincue, en effet j’ai trouvé que c’était un peu gros et peu crédible. Une fin qui touche et attendrie. Une belle lecture dans l’ensemble. Une plume émouvante, qui a su totalement me dépayser. Des thèmes abordés tout à fait contemporains et qui nous poussent à réfléchir sur nos propres comportements.

Une lecture  qui rentre parfaitement dans mon thème de ce mois-ci #Marsaufeminin

miracle ded

Résumé : La vie de Laure, vingt-et-un ans, s’écroule lorsqu’elle apprend qu’elle est atteinte d’une tumeur incurable au cerveau. Les médecins sont formels : la jeune femme est condamnée. Mais Laure est une battante, et grâce aux réseaux sociaux, récolte des fonds pour se lancer dans un projet fou : celui de traverser l’Atlantique en solitaire. Très vite, les internautes se prennent de passion pour cette jeune malade que d’aucuns voient comme une héroïne des temps modernes. Elle est invitée sur les plateaux de télévision, son périple est suivi sur YouTube par des centaines de milliers d’abonnés. Adulée, elle devient un symbole d’espoir et un modèle de courage. Dans sa course contre la montre, Laure pense avoir trouvé un sens à sa vie, mais une question parmi d’autres se pose : quel est le prix d’un miracle ?

Date de parution : 17.10.2019 aux Editions Cosmopolis

D’autres avis sur ce livre : Mes Evassions Livresques, Nath Mes Lectures du Dimanche, Sangpages Valérie, Amicalement Noir, Aude Bouquine, Laurence D PausePolars

A découvrir également du même auteur : Un Sac 

solène

Les Riverains de Corinne Atlas

les riverains

Mon avis : Je savais que ce livre allait m’émouvoir et me toucher. L’auteur nous plonge d’entrée dans cet immeuble situé « fictivement » face au Bataclan. Le lecteur devient spectateur de la vie de cette copropriété et de ses habitants. On y retrouve Reine, la doyenne, un couple avec deux enfants, une jeune adolescente et son père, un couple trentenaire et un concierge…

Chacun a son histoire, son quotidien, ses origines et ses propres préoccupations. Pourtant ce soir là ils vont tous avoir un point commun être spectateurs-acteurs malgré eux d’une situation tragique dont l’issue est incertaine.

Ne pas rester seul chacun chez soi, ils vont se regrouper, même s’ils ne vivent pas du tout les événements de la même manière, certains vont se rencontrer ou se parler pour la première fois. S’unir, se soutenir va être le crédo, pendant cette longue attente, l’arrivée de blessés ou de survivants va rendre téméraires certains personnages et susciter des réactions.

L’auteur a su distiller les histoires personnelles et l’ambiance afin de permettre au lecteur de respirer.

Tous les sens sont en éveil, les oppositions flagrantes entre lumière et obscurité, entre l’agitation habituelle du quartier et le silence pesant. C’est pesant, le stress monte peu à peu, on regarde aux fenêtres et à la télé, c’est surréaliste. Le bruit des armes des hurlements des victimes est insoutenable mais le silence est encombrant et glaçant, il est la porte ouverte à toutes les suppositions et craintes.

Le doute monte, avoir besoin de se rassurer sur les proches, donner des nouvelles.

J’ai beaucoup apprécié la plume de l’auteur que je découvre avec ce roman. La vie de ces riverains pendant cette nuit interminable nous est très bien relatée, la manière dont ils prennent conscience des événements et en quoi leurs priorités vont dès « demain » changer. Il y a eu un avant, un pendant et il y aura un après.

Livre lu d’une traite, car même si on connaît l’issue de cette nuit tragique, j’ai été emporté par le parcours et les ressentis de ces personnages très différents au demeurant mais qui sont presque tous attachants. Mon « presque » est à cause de Gabin, il en fallait bien un, je vous laisse le découvrir par vous-même.

J’ai aimé que l’auteur glisse quelques pointes d’humour sur la vie des personnages afin qu’en lisant le lecteur ait parfois un sourire au coin des lèvres. L’espoir ponctue ce récit par des rebondissements dans la vie personnelle de certains protagonistes qui nous permet de respirer et voir pointer très timidement une once de ciel bleu après un gros orage.

Un livre poignant, émouvant sur cette nuit dans le XIème qui restera à jamais dans les mémoires.

Une lecture  qui rentre parfaitement dans mon thème de ce mois-ci #Marsaufeminin

les riverains ded

Résumé : Un immeuble ancien se dresse au sein d’un quartier de l’Est parisien, au passé populaire et rebelle et au présent « branché ». Ce microcosme chaleureux, à la population variée, mêle anciens Parisiens et nouveaux « bobos » . Les habitants de l’immeuble se côtoient sans bien se connaître, ils ont en apparence peu de choses en commun. Mais nous sommes le 13 novembre 2015. Et, bientôt, la mort va interrompre le cours de ces vies ordinaires et singulières. Comme tout Paris, comme toute la France, les riverains deviennent des spectateurs impuissants face au chaos prémédité. Alors se manifeste une évidence, la solidarité : une chaîne humaine protectrice contre la volonté de destruction. Face à la terreur et à la mort revendiquées, quelque chose résiste : une foi dans la vie. Il n’y aura pas de héros dans cette histoire. Mais chacun, à sa manière, va se métamorphoser en brave, en lâche ou en ange de réconfort.

Date de parution : 05.03.2020 aux Editions Herodios

Corinne

77 de Marin Fouqué

77

Mon avis : Un sacré voyage dans un village du 77, un décor les champs, une route et un abri bus.

Un narrateur qui va nous décrire ses pensées, ses plus grandes convictions, ses envies, assis sur ce banc à regarder les voitures passer.

Il va nous décrire ses journées, ses jeux avec ses amis, sa vie et le tournant qui va à la fois le faire grandir et le mener vers un chemin de découvertes. Les interdits, les expéditions à la ville, les bagarres et les railleries dont il est victime.

Également l’évolution de ses relations avec ses amis d’enfance, Enzo et la fille Novembre, puis sa rencontre avec Le Grand Kevin qui va transformer sa vie. D’autres personnages sont également très présents et portent également ce récit.

Une histoire placée à la campagne, le monde rural avec ses craintes de l’expansion du béton. L’arrivée des parisiens qui n’est pas une bonne nouvelle pour les habitants, l’ennui des jeunes dans ce village sont décrits. En parallèle au calme, l’arrivée de la fête foraine : l’événement de l’année.

Tout nous est décrit avec un style très fluide, proche du langage parlé, avec des passages qui frôlent la poésie. La spontanéité est au rendez-vous, l’absence de filtre également. Le lecteur est placé en immersion dans la tête de ce narrateur dont on découvrir la vie, la cellule familiale, le regard des autres. Les couleurs mentionnées ont leur rôle et leur importance aux différentes étapes de la lecture et prennent tout leur sens.

Un récit tout à fait émouvant, rempli de doutes, de confessions, de découvertes des valeurs. Le style d’écriture à la limite du brut met en valeur le contenu et le rend. L’humain et les ressentis dont aux premiers plans. Je salue la prouesse de l’auteur de m’avoir totalement emmenée au fin fond du 77. Un premier roman que j’ai pris plaisir à découvrir, un mélange savamment dosé de noirceur et de lumière Je suivrai de près les futures sorties de l’auteur.

J’avoue avoir revu une partie de mon enfance, un village de 400 habitants au milieu des champs de céréales, où la vie des jeunes se déroule à l’arrêt de bus.

77 ded

Résumé : Ce matin, il a attendu le car scolaire avec les autres adolescents mais il n’est pas monté dedans. Aujourd’hui il va rester toute la journée seul sous l’abribus, à regarder passer les voitures, à laisser son regard se perdre sur la terre du « sept-sept », ce département de transition entre Paris et la glaise, à se noyer dans les souvenirs qui le lient à Enzo le Traître, à la fille Novembre, au grand Kevin.

Date de parution : 21.08.2019 aux Editions Actes Sud

marin fouqué

L’homme qui voulait devenir psychopathe de Laurent Malot

Mon avis : Ne devient pas psychopathe qui veut, Victor souhaite sortie de l’ombre, faire la une des faits divers et briller. Il va rapidement se rendre compte que ce n’est pas à la portée de tout le monde. Homme, mari, père, limite plan plan avec une vie bien rangée, malgré toute sa volonté de vouloir faire un virage, marquer les gens et ne plus être transparent, il ne va rencontrer que des échecs… Jusqu’au jour où…

J’ai beaucoup aimé cette comédie dramatique. L’auteur met en relief les pensées d’un personnage qui souhaite rester dans l’histoire. Avec un bon dosage d’auto-dérision, de sarcasme et d’humour, on suit la folle épopée de Victor. Au fil des pages, il devient attachant, le lecteur sait tout de son quotidien, de ses vœux et de ses tracas. Un hymne à la vie qui ne tient qu’à peu de choses. Ce mélange de noirceur et d’espoir emporte le lecteur. Un suspense maintenu jusqu’au bout, j’avoue m’être fait agréablement surprendre par la fin.

Une écriture très fluide, dynamique, qui soulève habilement différents aspects de l’évolution de notre société. Ici, le besoin de reconnaissance, le souci du regard des autres, sont poussés à l’extrême, mais au final avec un peu de recul, pas tant que ça. Un très bon moment de lecture, un bon dosage entre espoir et désespoir. J’avais déjà découvert l’auteur dans un tout au registre mais je ne manquerai prochainement de me mettre à jour. J’apprécie son style, ses mises en scènes et sa façon de distiller ses messages dans ses différentes aventures.

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Résumé : Victor a quarante-six ans, une femme et deux enfants. Une vie simple, comme les autres, il a beau bien faire, on ne le connait, ne le reconnait pas…
Lassé de la vie, il décide d’en finir, mais même son suicide, il le rate…
Alors, quitte à laisser une trace, vu que l’on ne retient pas les bons, autant devenir un mauvais, dans le genre tueur en série…
Mais être un psychopathe n’est pas chose aisée, Victor va le découvrir à ses dépens.

Date de parution : 19.09.2019 aux Editions French Pulp

A découvrir également du même auteur :

Tous Pour Elle 

Auteur présent au Salon Lire C’est Libre

laurent malot

Playlist de Laure Lapegue

playlist

Mon avis : Une rencontre qui va bouleverser la vie de Lola. Suite à sa rupture douloureuse et la perte de la garde de son fils, elle ne parle plus. Elle s’est laissé aller, a trouver un job alimentaire, mais n’arrive pas à se sortir de cette spirale, qui l’entraîne toujours plus loin des autres et se coupe de tout le monde.

Babeth, jeune fille pimpante, insouciante, qui se fiche du lendemain et souhaite rester maître de sa vie.

Deux opposées que tout attirent. Elles se rencontrent et là, le bouleversement s’opère du côté de Lola qui se laissent entraîner par sa nouvelle compagne sur les routes. Aller voir la mer, faire une sortie à Paris, puis descendre plus loin. Sans jamais ne regarder derrière.

Pourtant, les choses ne vont pas se passer comme elles l’auraient souhaités, d’embûches en changement de programme, elles vont improviser, et se laisser porter par les événements, même s’ils vont pousser Lola dans ses retranchements.

L’auteur signe ici une très belle histoire, tout en nuances. Au rythme de la Playlist, les deux protagonistes vont s’ouvrir et se découvrir. L’amitié pourrait naître entre les deux femmes réunies par le destin. Une fin qui m’a totalement scotchée et émue. Elle donne le sourire et redonne l’espoir quand on croit que tout est fini. Il reste toujours une tite lueur qui scintille quelque part. J’ai apprécié cette découverte et la construction de se livre qui vous emportent pour un sacré voyage.

Résumé : Un soir de pluie sur les routes du nord de la France. C’est l’endroit que choisit Babeth pour échouer sur le capot et dans la vie Lola. L’une jeune, belle et impulsive, l’autre silencieuse et abîmée par la vie, tout les oppose et pourtant, elles décident de ne plus se quitter, le temps d’un roadtrip, le temps d’une playlist, pour le meilleur mais surtout pour le pire…
Une rencontre entre deux destins, une histoire en mode « girl power » où la violence et l’adrénaline côtoient l’amour et la fragilité, Playlist est un suspense à suivre au fil des kilomètres, moteur et musique à plein régime !

Date de parution : 08.06.2019 aux Editions Booknseries

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A Nous l’Eternité de Jean-Luc Malbrunot

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Mon avis : Malgré la mention au dos du livre, ce dernier n’est pas un  thriller, j’ai mis 100 pages à m’en rendre compte. Mais, un excellent roman noir, mêlant espoir et tragédie.

Thomas, papa de jumeaux se voit condamné par la maladie. Son ex-femme, victime d’un accident de la route se trouve dans le coma entre la vie et la mort.

Totalement désemparé et déboussolé par l’événement, rendu d’autant plus tragique qu’en tant que médecin il connaît les limites de la médecine et les conséquences d’un séjour prolongé dans le coma. Thomas ne va pas en rester, là. Il va s’opposer farouchement, voir violemment aux parents de Mathilde, afin de la maintenir en vie le temps qu’il trouve une solution.

Suite à une rencontre qui changera sa façon de voir les choses, d’appréhender les événements et qui mettra à plat son côté rationnel et cartésien de praticien. Le voilà, malgré le désespoir et la douleur de voir partir la femme qu’il aime, il tentera la course contre la montre et le tout pour le tout afin que leurs enfants aient au moins un de leur parent.

Un livre magnifique sur le don de soit et la puissance des sentiments. En effet, le couple n’est pas séparé à cause de divergence ou l’absence d’amour. Thomas se sachant malade et condamné ne voulait pas vivre avec ses enfants, afin qu’ils en souffrent pas de son absence dans un futur proche. Est très démontrée dans cette histoire, la volonté des parents de vouloir coûte que coûte protéger leurs enfants de l’environnement. La notion de temps comme n compte à rebours précipite les actions et les rend d’autant plus réalistes. La volonté de Thomas de tout mettre en ordre est omniprésente. La force et la détermination du narrateur aura-t-il gain de cause face à des éléments qui nous dépassent ? N’y a-t-il pas un adage qui dit « Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir », c’est justement toute cette symbolique qui nous est transmise ici. Très habilement abordé ici, le sujet très délicat de débrancher ou non les personnes dans le coma, l’auteur nous montre l’avis des familles et celui du personnel médical qui connaît les conséquences qui peuvent surgir au réveil. Retrouvera-t-on l’être aimé tel que nous le connaissions. Je suis sortie de cette lecture totalement vidée et très peinée mais ravie d’avoir découvert cet auteur.

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Résumé : Thomas est condamné par la maladie. Alors qu’il veut renouer les liens avec son ex-femme Mathilde et leurs enfants, celle-ci est victime d’un accident de la route et tombe dans le coma. Et c’est une véritable course contre la mort à laquelle va se livrer Thomas pour que l’espoir ne s’effrite pas.

Date de parution : 13.06.2019 aux Editions Les Nouveaux Auteurs

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Léocadie Lepic de Chérif Zananiri

En Souvenirs du Salon de Guainville,

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Mon avis : Tout à fait conquise par ma rencontre avec Mado, je suis donc partie à la rencontre de Léocadie. Me voici replongée dans l’Histoire, direction la Première Guerre Mondiale. Une période très difficile et  compliquée. Les hommes au front, bataille pour leur vie et l’avenir de la France et se consolent et se raccrochent à leur correspondance avec leur famille. Leur moment où ils peuvent à la fois se confier sur ce qu’ils vivent et prendre des nouvelles de leur entourage resté à l’arrière. Pour des gens comme Thomas qui se retrouve tout seul, sans personne à qui écrire ni de courrier à recevoir ; des femmes se portent volontaires et deviennent leur marraine. Voici donc le rôle de Léocadie, n’étant pas mariée mais sachant lire et écrire va se consacrer à réconforter Thomas et le soutenir. Elle vit, à Compiègne, avec son frère boulanger qui à cause d’un souci de vue n’a pas été mobilisé.

Pendant ce temps à Paris, la vie poursuit sa route en temps de guerre, de violence et de privation. En effet, les groupes d’escrocs se multiplient et les femmes les plus vulnérables sont bien malmenées. Dans un contexte où chacun essaie de survivre quitte à franchir la frontière de la légalité. Léocadie n’hésitera pas à prendre le train, ses économies et porter secours à son Thomas. Un idylle peut-elle naître dans ses conditions ?

Des personnages atypiques, frappés par la nature mais qui se retrouvent avec grand cœur, le physique ne peut faire tout dans ce monde, même dans un monde en guerre. L’évolution de certains, prenant conscience qu’ils s’éloignent de leur objectif primaire au profit de leurs sentiments. Léocadie est très attachante, tant par son physique que l’on devine non-attirant, que par sa naïveté. Elle va se révéler être d’un extrême courage.

Un roman à la fois très noir et rempli d’espoir. Au travers toutes ses mésaventures, l’auteur nous retranscrit à merveille cette ambiance, les enjeux et le rôle des femmes en l’absence d’homme. Leur caractère, leur nouveau rôle au sein d’une société d’hommes absents. Une écriture littéraire qui transporte le lecteur. Parfois, nous ne savons pas trop où nous allons mais nous nous laissons porter au gré des pages. Le courage, la vérité, la solidarité, le respect et la famille sont au cœur de cette œuvre, mis non pas en opposition mais en parallèle avec la vengeance, la sournoiserie, le pouvoir et le mépris. Ce volet est le premier opus, je ne tarderai pas à découvrir les suivants.

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Résumé : Le récit, fondé sur des éléments réels, suit la vie de Léocadie Lepic, disgracieuse par naissance et qui, sachant lire et écrire, devient marraine de guerre en 1916. Elle correspond avec Thomas, soldat dans les tranchées, et se fait prendre par amour, dans les mailles d’une escroquerie montée par des Apaches, ces jeunes voyous qui sévissent à Paris. Le récit se déroule entre Paris en guerre et Compiègne près du front, et montre une capitale qui souffre, qui serre les dents, qui refuse de se soumettre aux bombardements allemands et qui, sans main-d’œuvre masculine, laisse le pouvoir aux femmes…

Date de parution : 16.03.2016 aux Editions Marivole

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Le Fou de Papier de Gaia

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Mon avis : Un mélange de roman noir et d’espoir. A la fois un hymne à la vie et à l’amour mais pas n’importe lequel celui avec un grand A.

Un titre à la fois original et intriguant.

Gaia a su préserver sa vie privée pendant toute sa vie d’auteur, il en livre ici les raisons et se dévoile. A l’aube du départ il transmets à ses lecteurs les réponses qu’ils attendent. Il laisse également un éditeur totalement abasourdi par sa démarche mais reconnaît bien là, la démarche de son ami. Il tire sa révérence de manière la plus magistrale, en livrant ses secrets.

Un roman court et poignant qui nous fait passer de nombreuses émotions. Une écriture très littéraire rend cette lecture encore plus profonde. Que se soit en abordant les différents sentiments, les problèmes de l’évolution de la planète et notre ère. L’Amour passe l’espace-temps et les frontières, une belle lueur d’espoir.

J’ai beaucoup apprécié découvrir ce livre qui m’a fait vibrée ! A découvrir !!!

L’auteur participe au concours Plumes Francophones 2019

Résumé : Il a honoré la parole de son ami, c’est tout ce qui compte. L’empreinte est là. Partout dans le monde. Le fou de papier va vivre, l’Arbre de Lune aussi. Des millions de lecteurs vont boire à sa source.
En cela, Gaia voulait contribuer à sauver le monde.
Pas beaucoup mais un peu.
C’est à présent aux lecteurs d’en décider…

Date de parution : 21.07.2019 en AutoEdition

Nombre de pages : 96

Les Roses du Marais de Luca Tahtieazym

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Mon avis : Un très beau roman noir mêlant Amour, Passion et Mort. Cela ne va-t-il pas de paire ? En effet, nous sommes en présence d’Achille, homme de la terre, patron hors pair qui sait se faire respecter. Côté vie privée, homme au grand cœur, généreux, qui tombe facilement amoureux de femmes pour qui, il se met en quatre. En effet, que se soit financièrement, dans la tenue de la maison, l’amoureuse, la femme est une Reine. Pendant la guerre, il va jusqu’à mettre sa vie et celle de ses employés en danger pour l’élue de son cœur. Elle a tous les droits, le mariage, les balades, mais… Si un nuage obscurcit le tableau et que la belle souhaite reprendre sa liberté, l’orage est prêt à gronder…

Des personnages très bien retranscrits dans l’époque, les descriptions nous immergent totalement dans ce domaine poitevin, au milieu des récoltes. La dureté et la rigueur de la vie à la campagne sont distiller afin de nous plonger dans ce roman. Les phases noires sont riches d’émotions.

La construction du livre est originale et m’a beaucoup plu : changer de narrateur au fil des chapitres. Nous en apprenons beaucoup sur ses pensées, ses ressentis, ses perceptions.

J’ai été ravi de découvrir un nouveau roman de cet auteur dont j’avais déjà pu apprécier les précédents. La noirceur des personnages, mais aussi leurs joies, en font des êtres réalistes et attachants, l’Humain reste au premier plan. Des symboliques poignantes sont également soulevées avec une très grande finesse. Après ma lecture, je suis passée par hasard devant un fleuriste, je n’ai pas regardé les « Roses Rouges » de la même manière… Je vous laisse découvrir pourquoi !!

Résumé : 1935, dans le marais poitevin.
Au milieu des roses, ivre d’amour, un homme chérit follement les femmes qui traversent sa vie.
Mais quand les cœurs ne battent plus à l’unisson, quand les braises des amours déchues cessent de se consumer, des secrets profondément enfouis resurgissent ; des secrets qu’il eût mieux valu ne jamais déterrer…

Date de parution : 30.04.2019 en AutoEdition

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Une Guerre Sans Fin de Léa Clément

LEA CLEMENT

Mon avis : Une lecture qui pour moi s’est décomposée en deux parties.

Dans la première, on découvre May depuis sa naissance, la dure vie de son enfance, en effet ses parents souhaitaient un garçon et non pas une deuxième fille. On ressent ses souffrances au quotidien et nous découvrons ses choix qui vont en découler. Se rebeller va devenir son crédo, dans une ambiance de guerre placée en arrière-plan. En effet, à part quelques mentions de lieu, la scène aurait pu se placer dans un autre pays moyen oriental en guerre. Je n’ai pas ressenti d’empathie pour les personnages, et le côté redondant des faits de vie ne m’ont pas emportée.

Par contre, dès le passage par la case prison ; j’ai senti un virage à 180 degrés. Ce tournant marque pour moi un réel changement dans la construction ; May a mûri malgré son âge et son côté « pleurnichard » va vite se transformer en camouflage de survie. Les incivilités, la violence des interrogatoires, l’ambiance sont très bien dépeints et l’histoire prend tout son sens. Je me suis laissée embarquée ; May devient réellement le personnage principal et prend corps. Elle ne va pas hésiter à affirmer ses idées et conserve ses convictions. Le récit est poignant, l’ambiance de conflit est plus développée. J’ai beaucoup plus été touchée à partir de ce passage, car les ressentis sont plus forts, plus mis en avant ; le contexte familial se retrouve en ligne de fond… La seule préoccupation devient comment sortir de cet enfer ? Et non je suis en conflit avec ma mère…

La sortie de prison avec tous les stigmates de cette expérience de mise à l’écart de la société est très déroutante ; la désorientation est palpable. J’ai ressenti beaucoup d’émotions sur la reconstruction de cette jeune femme. Il y a le « avant prison » et il y aura le « après ». De plus, May va se livrer aux lecteurs sur tous ses maux, la douleur, la tristesse, ses envies et ses craintes ; sans aucun tabous, mais tout en conservant très habilement une certaine pudeur. Nous la suivons pas à pas dans sa phase de reconstruction, jusqu’au moment où… non là je vous laisse découvrir par vous-même.

L’auteur signe ici un premier livre très noir et poignant, même si je n’ai pas été emballée par la première partie, la deuxième m’a totalement convaincue. Fallait oser parler d’un pays moyen oriental, régulièrement en guerre, qui a ses croyances et ses coutumes, sa vie carcérale ; en résumer briser les non-dits. Une plume simple mais très efficace qui laisse la place au contenu de ses textes. Nous ne sommes pas encombrés de fioritures inutiles, ni d’anecdotes non probantes. Un auteur que je suivrai avec grand plaisir lors de ses futures sorties.

Résumé : Touchée par une amnésie partielle et en proie aux plus cruelles inquiétudes, May, une jeune trentenaire, décide d’écrire pour tenter de reconstituer, à travers ses souvenirs, les événements de son passé.
En effet, May grandit à Beyrouth, durant la guerre civile libanaise, et « son enfance née posthume se désagrège sous les feux de la mitraille ».
En dépit de son jeune âge, c’est seule qu’elle affrontera la cruauté de sa mère, la peur de la guerre et l’effroi de la prison. Confrontée aux tourments de l’Histoire du Liban et au monde arabe ravagé par le despotisme et l’obscurantisme, comment parviendra-t-elle à survivre et à se construire ?
Et arrivera-t-elle à retrouver sa mémoire ?

Date de parution : 12.05.2019 en Auto-Edition