Le sourire du scorpion de Patrice Gain

« Livre lu, sur les conseils de … »
Geneviève, du blog Collectif Polar, voici son avis

LE SOURIRE DU SCORPION

Mon avis : J’ai beaucoup aimé que l’on vive cette histoire à travers les yeux de Tom, jeune garçon qui part en expédition sportive avec sa sœur jumelle, ses parents et un ami serbe qui leur sert de guide. Un moment convivial des joies en famille, le partage, les échanges et profiter des instants est au rendez-vous. Les descriptions du décor ponctuent cette partie du récit, peu à peu j’ai ressenti un malaise, les caractères bien trempés de chacun vont se révéler aussi… Certaines craintes vont naître…chez les protagonistes et le lecteur.

Si le cadre paraît idyllique, la nature peut se montrer également hostile….

L’auteur use d’une écriture simple mais très efficace, c’est la force de ce livre, ce sont les personnages et la place prédominante de la nature, qui sont mis en avant. Les alternances de scènes également et l’ambiance m’a fait penser souvent à ce fait : vous regardez un film la scène qui se déroule sous vos yeux n’a rien de terrifiant et pourtant vous entendez la petite musique qui monte et qui vous fait grimper la pression. Ici, c’est pareil… Et c’est magique comme lecture, que la tension monte « juste grâce » à l’enchaînement très habile des scènes…

Il y aura un avant et un après le drame qui plongera cette famille sans un puit (de douleur) sans fond. Pourtant chacun va réagir de diverses manières, les ressentis sont différents, Tom va devoir se trouver une nouvelle place car tout à voler en éclat. Même une distance se créée vis-à-vis de sa sœur jumelle… Il grandit, gère, affronte, essaie de se relever et de même pour sa famille. Même sa mère ne semble plus le voir…

Des rencontres inopinées vont le faire revivre le fameux jour fatidique… Des questions vont s’entasser… Le lecteur a un peu d’avance sur Tom mais il reste attentif à ce jeune homme qui lutte pour se construire et qui va devoir tirer le voile qui le sépare de la vérité.

J’ai adoré le personnage de Tom sensible, réfléchi, doté d’une certaine logique malgré une vie de bohème dans le camion… J’ai eu des moments de crispations quand l’auteur s’immisce et nous souffle comme Tom vers une réalité.

Une fin à couper le souffle qui marque, qui tape, on pensait avoir tout lu dans ce récit, que les souffrances sont derrières et pourtant. Quand l’avalanche des drames est lancée, difficile de l’arrêter, surtout quand… Je vous laisse découvrir par vous-même.

Une lecture qui interpelle, qui percute, des événements réels dans certains pays mis en lumière à travers ce récit, font réfléchir et sont bien amenés. L’auteur ne tombe pas dans la facilité des clichés.

Un décor et des personnages denses et riches, parfaitement bien travaillés qui emportent totalement le lecteur au milieu de ce drame familial… Le passé ne s’efface jamais…

Résumé : Tom, sa sœur jumelle Luna et leurs parents s’engagent dans le canyon de la Tara en raft. Une belle étape de plus dans leur vie nomade. Pourtant, malgré les paysages monténégrins époustouflants, la complicité familiale et la présence rassurante de Goran, leur guide serbe, la tension envahit peu à peu le canyon et le drame frappe, sans appel. Du haut de ses quinze ans, Tom prend de plein fouet la violence du deuil et de la solitude. Mais, en dépit du chaos qui lui tient désormais lieu de vie, il ne peut s’empêcher de retracer les événements et le doute s’immisce : ne sont-ils pas les victimes d’une histoire bien plus grande que la leur ?

Date de publication : 02.01.2020 aux Editions Le Mot et le Reste  

Autres avis sur ce livre Jeux Lit Avec Sally, débredinages

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Ce qu’il faut de Nuit de Laurent Petitmangin

« Livre lu, sur les conseils de … »
Delphine, du blog Mes Evasions livresques, voici son avis

CE QU IL FAUT DE NUIT

Mon avis : J’ai été profondément touchée par ce premier roman que nous présente l’auteur, ici avec un plume très accessible, parfois terroir qui donne toute sa dimension à ce drame dans un village lorrain.

Les personnages, principalement masculins, suite au décès de la moman. Le narrateur, ce père de famille qui se livre comme dans un journal sur son quotidien et ses pensées. Sa famille est au centre de sa vie et la phase de deuil avec deux jeunes adolescents ne s’abordent pas de manière intuitive. Il va devoir apprendre à tout gérer de l’école jusqu’aux vacances ; en passant par les phases de manque de la femme de sa vie. Il nous retrace aussi les dernières années et comment les garçons se sont montrés forts.

En grandissant, chacun va avoir des aspirations différentes. Tout comme leur père avant eux qui avait vu sa vie se transformer lorsqu’il avait rencontré leur mère. Eux aussi se sont les rencontres qui vont les mettre sur leur chemin de vie. L’auteur montre bien que tout dépend de là ou on se trouve à l’instant T, qu’à cinq minutes près tout peut être différent.

L’ambiance des anciens bassins miniers est très bien retranscrite que ce soit d’un point de vue social, sportif, sociétal ou politique. L’évolution, les changements, tout le monde ne voit pas ça d’un très bon œil, et l’impression du lointain Paris qui ne les concerne pas et qui ne s’occupe pas de la région.

Trois hommes soudés dans la douleur vont peu à peu chacun prendre leur vie et leur choix. Qu’en est-il quand le virage de l’un d’entre eux va faire basculer cette harmonie ?

Toute cette mécanique est très bien illustrée par l’auteur qui met en scène les différents moments qui vont amener de manière presque inéluctable à un drame.

Les sous-entendus et non-dits ont toute leur place ici, les suggestions percutent le lecteur qui se dit « non mais non je n’ai pas bien saisi ». J’ai même relu certains passages pour être sûre de ce que l’auteur me soufflait sous les yeux.

Des personnages touchants, émouvants, ébranlés, à nus. Avec pudeur, l’auteur distille les pensées taiseuses de ses protagonistes. La violence s’immisce peu à peu, une ombre qui plane… Des moments très durs et intenses sont relatés, la tension psychologique est palpable.

Ce livre m’a emportée, m’a touchée, « c’est dur, ça tape, c’est fort », d’une certaine manière m’a bouleversée également. Pourtant, j’ai deux petits bémols, le changement radical qu’opère le papa, en une phrase, m’est apparu un peu rapide. Et le titre reste une énigme pour moi.

Un premier roman sensible, qui maintient le lecteur en haleine aux côtés de cette famille, qui va partager son évolution et ses drames. La souffrance, la douleur, la justice, sont autant d’acteurs qui jouent leur rôle ici, avec une fin inoubliable. Un livre poignant que je recommande, pour ma part je surveillerai les prochaines sorties de l’auteur qui a su m’embarquer.

Résumé : C’est l’histoire d’un père qui élève seul ses deux fils. Les années passent, et les enfants grandissent. Ils choisissent ce qui a de l’importance à leurs yeux, ceux qu’ils sont en train de devenir. Ils agissent comme des hommes. Et pourtant, ce ne sont encore que des gosses. C’est une histoire de famille et de convictions, de choix et de sentiments ébranlés, une plongée dans le cœur de trois hommes.

Date de publication : 20.08.2020 aux Editions La Manufacture du Livre

Autre avis : Domi C lire, The Cannibal Lecteur, blacknovel1,

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Résine d’Ane Riel

RESINE

Mon avis : Une histoire percutante et glaçante. Nous suivons Liv, petite fille, sa vie, son quotidien, sa vie sur l’île. Elle vit recluse auprès de ses parents, coupée de la civilisation. Elle n’a aucune sociabilité et a déjà assisté à plus de drames que les enfants en général.

L’auteure alterne avec brio ses rythmes et son style, les passages narratifs qui retracent la vie antérieure de cette famille et le cheminement pour en arriver à cette folie totale et révoltante quand on sait qu’une enfant vit dans un tel contexte. Puis, le langage change lorsque Liv se livre et raconte sa vie. Le lecteur passe par toutes les couleurs, de l’effarement à la colère. Comment peut-on en arriver là ?

Un récit qui embarque le lecteur dans cette sombre histoire qui se trame comme un entonnoir, au fur et à mesure, l’étaux se resserre, l’enfermement se ressent lors de la découverte des éléments. A chaque page on espère que la situation va s’améliorer. Et les passages de Liv qui avec ses mots nous parle, pour elle c’est normal, elle n’a jamais connu une autre vie, la dimension de cette naïveté très bien expliquée, interpelle le lecteur qui lui sait et est de plus en plus horrifié.

Le basculement de Jens ne s’est pas produit du jour au lendemain. Sa vie, ses sensibilités, la relation avec ses parents, son frère ; tous les éléments qui nous sont distillés n’excusent en rien la finalité, mais permettent de comprendre que les différents chocs peuvent avoir des conséquences et réveiller peu à peu des comportements marginaux voir tragiques.

J’ai été très émue par certains passages sur la vie de Jens, son début dans la vie d’adulte, son premier amour… Il y a des explications, qui ne le disculpe pas de responsabilité mais qui m’a empêchée de le condamner totalement.

La passion et symbiose avec la nature est une part également essentielle dans ce livre, il donne une dimension encore plus tranchante par rapport aux situations évoquées. J’ai aussi par cet aspect encore plus été interpellée.

J’empathie grandit au fil des pages, des chapitres, la révolte s’invite également à cette partie qui ne peut que se terminer ainsi.

Une lecture que j’ai autant apprécié qu’elle m’a dérangée et mise mal à l’aise. On ne peut rester indifféremment au destin d’une petite fille enfermée dans une benne à ordure. L’auteure, par sa construction et ses alternances de styles, sort le lecteur de sa zone de confort, soulève adroitement la maltraitance, mais aussi l’extrême souffrance vécue pendant les premières années de sa vie peut marquer au fer rouge et bouleverser la vie d’adulte.

Jusqu’où est-on prêt à aller pour protéger sa famille lorsqu’on la sent menacée ?

Livre lu lors d’une opération de Bepolar que je remercie pour la découverte.

Résumé : Une presqu’île, aux confins d’un pays du Nord. C’est là que vit la famille Haarder, dans un isolement total. Jens a hérité de son père la passion des arbres, et surtout du liquide précieux qui coule dans leurs veines – la résine, aux capacités de préservation étonnantes. Alors que le malheur ne cesse de frapper à la porte des Haarder, Jens, obsédé par l’idée de protéger sa famille contre le monde extérieur qui n’est pour lui que danger et hostilité, va peu à peu se barricader, bâtir autour de la maison une véritable forteresse, composée d’un capharnaüm d’objets trouvés ou mis au rebut, et séquestrer sa femme et sa fille. Du fond de la benne où il l’a confinée, Liv observe son père sombrer dans la folie – mais l’amour aveugle qu’elle lui porte va faire d’elle la complice de ses actes de plus en plus barbares, jusqu’au point de non-retour.

Date de publication : 04.03.2021 aux Editions Le Seuil

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Ça restera comme une lumière de Sébastien Vidal 

CA RESTERA COMME UNE LUMIERE

Mon avis : Incandescemment noir ! Je ne sais pas si le mot existe, il faudrait l’inventer ! Très touchant et émouvant, du brûlant au glaçant ! Je vais m’expliquer…

J’ai totalement été emportée par Josselin qui souhaite se reconstruire suite à son départ de l’armée. Souffrant de choc post-traumatique en plus d’avoir laissé un œil au Mali. Il choisit de retourner sur un lieu de vacances lointain. Le temps a passé et pourtant il sait que c’est là qu’il peut reprendre pied.

Sur des concours de circonstances il va être accueilli par Henri, veuf, ferronnier. Le tournant et la magie va s’opérer. Cette rencontre va se révéler comme étant LA rencontre. Entre personnes qui ont souffert, leurs échanges ou leur absence permettent à chacun de transmettre à l’autre.

Joss apporte sa jeunesse, sa présence, Henri le gîte, le couvert et lui ouvre les portes de sa passion et des codes de ses sculptures. Un duo improbable qui va être amené à affronter les difficultés, les rancunes, les affrontements car même si cette ville paraît paisible ; elle renferme au contraire des secrets, des violences, des luttes intestines et le tout sous un brouillard opaque où chacun préfère tourner les yeux et vivre « comme si de rien n’était ».

Un livre qui prend littéralement aux tripes, tant sur les descriptions de l’environnement, qu’avec les personnages. Le décor est à lui tout seul un protagoniste qui prend corps. Suivant les jours, l’angle de vision il peut être à la fois magnifique ou totalement austère. L’auteur choisit très habilement d’accentuer ou de distiller les ingrédients suivant les effets qu’il choisit de nous transmettre et des émotions.

Alors côté personnages on a du plus attachant où le lecteur peut se révolter suivant ce qui lui arrive !!! Au plus détestable où l’on aimerait rentrer dans le livre et distribuer quelques baffes. Pardon je m’éloigne… je m’emporte, ce livre m’a fait passer du sourire aux bords des larmes suivant les pages parcourues, des passages poignants. Cette lecture ne laisse pas indifférent, on se révolte, on a envie d’hurler, de plaisir et on profite des quelques moments d’éclaircies que permet la vie et l’auteur.

Un parallèle qui m’a totalement frappée pendant cette lecture, dans cette atmosphère : l’alternance du chaud et du froid dans les émotions. Certaines joies (chaud), les malheurs (le froid), comme l’impression d’être l’acier entre les mains d’Henri. Un coup dans la braise, un coup dans le seau d’eau froide… Entre les deux on se prend des coups, on s’en prend plein la tête au sens propre et figuré. Même ressenti avec les moments de la journée, le soleil et la nuit…

L’auteur place son récit dans le monde rural avec l’omniprésence de la nature mais ne tombe dans le cliché de l’ambiance idyllique, il démontre également la puissance et la pression que peuvent infliger par certaines personnes qui se sentent emplies de pouvoir et leurs dérives. Où l’absence de rébellion ou de dénonciation car tout le monde se connaît et ne souhaite pas faire de vague, il manquerait plus qu’on perde son travail…

Je me suis sentie au centre de cette histoire tellement l’auteur arrive à nous immerger, nous devinons certaines choses mais cela n’enlève en rien au plaisir de la lecture.

Des personnages denses qui ont du corps, une âme, une place, une histoire qui nous touchent de plein fouet. Le tout enrobé par une écriture très bien travaillée, aucune fausse note ; une pure merveille pour les yeux. Pour ceux qui, comme moi, ont lu les livres précédents de l’auteur, j’ai trouvé ici que l’auteur monte encore d’un cran pour notre plus grand bonheur.

Je crois vous avoir dit tout le bien que je pensais de ce roman noir sociétal, il ne vous reste plus qu’à le découvrir, j’espère avoir trouvé les bons mots, pour vous faire comprendre ce Coup de Cœur !!!

Résumé : Ce qui frappe quand on le voit, c’est sa monophtalmie. Pourtant, Josselin a perdu bien plus que son œil pendant son service au Mali. Au moment de rentrer au pays, un souvenir s’impose à lui comme seule source de réconfort, celui d’un lointain été passé à Missoulat, en compagnie de Damien, Martin et surtout d’Emma. L’été de ses seize ans. En route pour retrouver ce qu’il reste de sa jeunesse, un accident le dévie de sa trajectoire et l’amène à rencontrer Henri, un artiste ferronnier que la vie n’a pas épargné non plus. Bientôt, les problèmes du vieil homme deviennent aussi les siens, et Josselin découvre que même au sein d’une petite ville comme Missoulat, une tragédie politique et familiale peut briser des hommes et des vies. Entre crises post-traumatiques et règlements de comptes, son chemin vers la rédemption promet d’être long.

Date de publication : 18.03.2021 aux Editions Le Mot et le Reste

A découvrir également du même auteur la série Les enquêtes de Walter Brewski : Woorara, Carajuru, Akowapa, Tatanka

Quelques mots sur notre rencontre

VIDAL SEBASTIEN

Nos corps étrangers de Carine Joaquim

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Mon avis : Livre lu d’une traite responsable d’une nuit courte…

Au début de ma lecture, j’ai craint de me retrouver face à une histoire sentimentale banale, mettant en scène un couple et une enfant… Des bobos parisiens rêvant de campagne…

Mais au fil des pages je me suis totalement laissée happer par l’histoire de ces personnages.

Ce besoin de changement de vie, l’envie d’un nouveau départ, de se reconstruire une vie. Un sentiment de vouloir fuir la ville pour échapper aux malheurs qui leur incombent… Se voiler un peu la face aussi. Voici un décor très intéressant où la dimension psychologique prend tout son sens. La volonté de reconstruire une fêlure, de rescotcher des morceaux, d’une certaine manière, fuir la réalité qui devient très encombrante et qui pourrait briser un idéal, acquis pas à pas.

Je n’ai ressenti aucune empathie envers les personnages, et pourtant cette histoire m’a totalement transpercée, je voulais absolument savoir comment ça allait finir.

L’ambiance mêlant tumultes, drames sociaux et sentimentaux, décrits par une plume que j’ai ressenti comme froide et distante a donné toute la splendeur à ce récit. C’est le style qui dessine aussi les contours des anecdotes qui glissent sous nos yeux.

Le destin peut-il être maîtrisable ? Peut-on vraiment changer les choses ? On a l’impression que même avec toutes les volontés du monde, les sacrifices, les efforts, le naturel revient tôt ou tard au galop et fracasse le travail accompli et balaye les bonnes résolutions.

L’auteure aborde des thèmes très forts tant psychologiques que physiques, ils sont nombreux, donnent une impression d’avalanches de drames réunis au même endroit et endurés par le même groupe de personnes. Même si se tresse très habilement une certaine logique, certains aspects auraient mérités d’être un peu plus approfondis, comme la destruction suite aux troubles alimentaires.

Le lecteur oscille entre espoir et désespoir. Passant de l’un à l’autre avec une facilité déconcertante, j’ai eu l’impression d’être baladée par l’auteure. J’ai beaucoup aimé Maëva dans le rôle de l’adolescente rebelle qui refuse le changement et son côté tête à claque, tout en étant un personnage sensible capable de beaucoup de violence malgré son âge.

Certains faits sont très bien sous-entendus par l’auteure, que les images se déroulent d’elles-mêmes sous nos yeux, comme par exemple la violence et l’injustice. Le fait d’être « autonome » dans sa réflexion, le lecteur se fait lui-même son idée…

On sent que des drames irréversibles vont poindre et pourtant, en aucun cas je n’aurais deviné la fin qui estomaque, choque, interpelle… J’ai ressenti un « outch », j’ai refermé le livre les yeux embués et des questionnements plein la tête… Il n’existe pas de bonnes ou mauvaises réponses…

La puissance de ce livre est qu’il est transposable à toute famille…

Je suivrai les prochaines sorties de l’auteure avec beaucoup d’attentions…

Résumé : Quand Elisabeth et Stéphane déménagent loin de l’agi­tation parisienne avec leur fille Maëva, ils sont convain­cus de prendre un nouveau départ. Une grande maison qui leur permettra de repartir sur de bonnes bases : sauver leur couple, réaliser enfin de vieux rêves, retrou­ver le bonheur et l’insouciance. Mais est-ce si simple de recréer des liens qui n’existent plus, d’oublier les trahi­sons ? Et si c’était en dehors de cette famille, auprès d’autres, que chacun devait retrouver une raison de vivre ?

Date de publication : 07.01.2021 aux Editions La Manufacture de Livre

D’autres avis sur ce livre : Ju lit les mots, Pierre Faverolle, Encore un livre, Pause Polars,

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Ce qui reste de candeur de Thierry Brun

CE QUI RESTE DE CANDEUR

Mon avis : Une thématique très originale, suivre un témoin protégé dans l’attente de son procès, dans une sombre affaire de malversations.

Thomas déménage et va se retrouver dans une maison, en pleine nature, pourtant il ne peut s’empêcher de regarder par-dessus son épaule. Il n’est pas forcément serein quant à sa situation. Son avocat lui conseille de se faire discret et de se fondre dans son nouvel environnement. Bien sûre, comme on s’en doute, rien ne va se passer comme prévu, il va se retrouver au centre d’une enquête suite au décès de son voisin.

Être ainsi mis en lumière peut attirer l’attention de son ancien employeur et mettre en péril sa sécurité. Nous voici plongés au centre de ce mélodrame, où plusieurs notions sont mises en avant par l’auteur. En effet, j’ai ressenti tout au long de ma lecture, au-delà de l’histoire, des messages.

L’auteur a su trouver le moyen de doser son intrigue, maintenir une tension palpable à toutes les pages, mais aussi distiller des notions comme la protection et ses rouages ou la violence envers les enfants, jeunes femmes qui deviendront des femmes et qui devront vivre ou survivre avec leurs traumatismes.

Faits réels incontestables ont pris une place importante dans notre prise de conscience, mettre des mots sur les maux. L’auteur à travers un personnage comme Delphine nous démontre comment les différents manquements tout au cours de sa vie l’ont rendue telle que Thomas la rencontre.

Là où je salue l’habilité de l’auteur c’est de ni être tombé dans le pathos ni dans la culture de l’excuse mais juste mettre en lumière les faits et la relation entre les causes t conséquences. Ne pas banaliser mais expliquer. Pour autant, aucun personnage n’est dupe de la situation.

J’ai apprécié la proximité que le lecteur peut avoir avec les protagonistes, suivre Thomas dans les gestes du quotidien et le suivre pas à pas dans ses différentes remises en question.

La violence, la peur, la peine, la vengeance et la colère sont d’autant d’émotions présentes dans ce roman noir, que ressenties par le lecteur.

J’apprécie beaucoup l’écriture de l’auteur ainsi que sa manière de nous embarquer dans des aventures même rocambolesques mais tellement crédibles. La tension, la noirceur et la fatalité sont également des notions qui complètent l’aventure de Thomas qu’on peut apprécier ou détester, mais il ne laisse pas insensible à mon sens.

Résumé : Thomas Boral était l’homme de main de Franck Miller, un individu véreux en cavale suite à de nombreuses malversations. Il est aussi le témoin capital à son procès qui doit avoir lieu prochainement. Ayant fait main basse sur l’argent amassé par Miller, Boral est devenu un repenti pour sauver sa peau et échapper à une vengeance inéluctable. En attendant le procès, il est protégé par les autorités, mis à l’abri, reclus, au pied de la montagne Noire. Mais pour combien de temps ? Dans cette région on dit que le vent rend fou et que les gouffres attirent et ne rendent jamais les imprudents tombés dans leurs entrailles. Et plus dangereuses que le tueur lancé à ses trousses, il y a là des rancœurs accumulées… D’ailleurs on dit aussi de Delphine qu’elle est si belle que les hommes pourraient tuer pour elle…

Date de publication : 15.02.2020 aux Editions Jigal

Autres œuvres de l’auteur : Origine paradis

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De la part d’Hannah de Laurent Malot

DE LA PART

Mon avis : D’emblée l’auteur a su faire rentrer le lecteur dans cette histoire. Nous sommes aux côtés d’Hannah, âgé de 10 ans, nous découvrons sa vie et son quotidien, ses interrogations et ses doutes. Le langage utilisé nous place totalement dans l’époque et dans la tête de la protagoniste principal de ce récit.

Elle nous fait vivre son départ du sanatorium, ce jour qu’elle a tant attendu mais qui va lui réserver un retour dans son village auquel elle n’était sûrement pas préparée. Son père et ses grands-parents, même séparés essaient de lui apporter le soutien et les réponses auxquelles elle aspire. Mais c’est sans compter l’époque où tous les sommes valident sont mobilisés pour aller faire la guerre en Algérie, c’est à cette occasion qu’Hannah va découvrir que son passé et ses origines ne sont pas aussi limpides.

L’ambiance de village avec ses querelles, ses racontars, son marché, son école et Église sont très bien dépeinte par l’auteur ce qui contribue à nous plonger quelques décennies plus tôt, sans oublier les histoires de fesses et les secrets.

J’ai vraiment tout apprécié dans cette lecture, les personnages, tranchés, typiques mais aussi énigmatiques. Le contexte historique également est très bien mis en avant et nous comprenons peu à peu les réactions de chacun. La perception de « cette guerre » à travers les différents protagonistes interroge, la France porte encore les stigmates de la seconde guerre mondiale, en effet le rapport à l’Histoire est encore frais, autant que les malheurs et tout ce qui peut en découler.

L’auteur a su aussi retranscrire à merveille les pensées, le langage et les interrogations d’une petite fille, qui ayant perdu sa maman très jeune, elle est très débrouillarde et hardie.

Les relations entre les enfants, les bagarres, les « on dit » et leurs rôles sont souvent à l’origine de beaucoup de rumeurs qui peuvent aller jusqu’au drame. Les différences violences sont aussi posées par l’auteur, sur une palette, de la taloche en famille, jusqu’à la puissance de l’humiliation publique ou le « jeté en pâture sur la place public ».

Un roman à la fois magnifique, tragique, noir, mais qui laisse aussi de la place pour l’Amour et l’espoir. Les émotions du lecteur sont sollicitées à toutes les pages, pour des raisons différentes, mais les situations évoquées ne laissent pas insensible. Forcément le lecteur se sent impliqué au fil des lignes, et parfois se pose comme Hannah beaucoup de questions.

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Résumé : Hannah a dix ans et un caractère bien trempé. Elle vient de passer trois ans dans un sanatorium, lorsque, du jour au lendemain, on décrète qu’elle n’est plus malade et doit rejoindre son petit village de Dordogne. À La Chapelle-Meyniac, les cancans des mégères vont bon train. Hannah s’en méfie. En 1961, en pleine guerre d’Algérie, les blessures de la Seconde Guerre mondiale ne sont pas cicatrisées. Rien de pire que les rumeurs, surtout lorsqu’elles concernent votre mère…

Date de publication : 06.03.2014 aux Editions Laffont – 08.01.2020 aux Editions Le Livre de Poche

Autres œuvres de l’auteur : L’homme qui voulait devenir psychopathe, Tous pour elle

Quelques mots sur notre rencontre

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Origine paradis de Thierry Brun

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Mon avis : Thomas, orphelin va se construire entre l’éducation d’un internat et celle de sa tante. Le tout bien sûre parsemé de pas mal de zones d’ombres sur le suicide de ses parents.

L’omerta familial, le culte du secret va créer chez lui une quête infinie, savoir pour comprendre et avancer. C’est sans compter, un environnement qui ne souhaite pas en apparence rouvrir de vieilles blessures. Est-ce juste par tristesse ?

Adolescent puis jeune adulte, il va grandir avec plus de questions que de réponses et son comportement devient à la fois plus résigné mais aussi avec certaines pulsions qui peuvent devenir violentes.

Je découvre l’auteur par ce roman noir qui m’a totalement emportée. Livre lu d’une traite, une écriture tranchante, des phrases courtes, ponctuées de dialogues, rythment et servent parfaitement cette histoire.

On découvre les différents protagonistes, chacun possède ses secrets et sa part d’ombre. Ils sont très bien étoffés et possèdent un rôle bien précis. Le lecteur évolue au milieu de cette histoire, pareil à la découverte d’un millefeuille, ou poupée russe. A chaque avancée ou découverte, une nouvelle interrogation s’impose. L’auteur maîtrise parfaitement le maintien du suspense.

J’ai vraiment adoré ce procédé qui tient parfaitement en haleine la tension du lecteur, qui essaie par jeu de deviner la suite. La manipulation et l’emprise sont omniprésentes, parfois très flagrantes, à d’autres moments, plus insidieuses. L’auteur a jonglé très habilement avec ces notions.

Doit-on rester dans l’interrogation ou essayer de percer les mystères ? Les non-dits ou mensonges peuvent détruire mais la vérité est-elle toujours acceptable ?

A travers Thomas, on suit pas à pas ses dérives, ses remises en question, mais quand le puzzle commence à s’assembler, sera-t-il prêt à l’accepter ?

J’ai beaucoup apprécié la part des ombres qui entourent le personnage principal, mon seul regret se trouve dans la rapidité des révélations. Comment appréhendera-t-il sa vie à l’avenir ? Le cercle se répèterait-il de manière infinie ?

Une très belle découverte à travers cette lecture où la place des émotions est importante, le chagrin, la rage et la colère sont bien représentés, parfois même personnifiés. L’Amour ou son absence fait également partie intégrante de ce récit.

Résumé : Orphelin, Thomas grandit entre un internat à la discipline étouffante et l’appartement d’une tante mutique. Une fois adulte, croyant tourner le dos à son milieu d’origine et à la vie qui lui était, il se voit embauché après quelques errances par une entreprise nommée France réelle. En plus de sa proximité avec l’extrême droite française, celle-ci s’avère bien plus liée que prévu à ces origines dont il croyait se libérer…

Date de publication : 04.02.2021 aux Editions Hors d’Atteinte

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Les Âmes Rivales de René Manzor

LES AMES RIVALES

Mon avis : Livre découvert lors de la Lecture Commune organisée par Delphine du blog Mes Evasions Livresques.

Une histoire mélangeant très habilement croyances, destinées, amour et rivalités. Cassandre, jeune fille qui va découvrir que toutes les personnes qui s’approchent d’elle courent un péril, un danger où l’issue est très souvent la mort.

Elle partage sa vie avec une pensée qui se matérialise… qui la guide… qui la possède… De questionnements en interrogations. Comment peut-elle se construire une vie et sortir à tout jamais de cette emprise ?

Sa rencontre avec Thomas va bouleverser sa vie, lui donner l’espoir qu’elle peut contrôler son destin et s’échapper des griffes de Jahal.

Ce dernier, je ne vous le présenterai pas afin que vous ayez la totale surprise lors de la lecture.

Après un début de lecture un peu chaotique, je suis totalement rentrée dans cette histoire. Le lecteur est tenu en haleine, le suspense veille sur nos pages. Un excellent dosage d’intrigues, de révélations, nous embarquent dans cette longue quête que mène ces trois personnages. Deux hommes se battant pour une femme, nous sommes d’accord ce n’est pas une nouveauté, un fait qui peut remonter à l’antiquité. Mais quand ces rivalités remplacent les personnages en changeant le contexte, c’est à ce moment que la magie de l’auteur opère.

A la fois captivée par les données, étonnée par les rebondissements, entraînée par le trépidant récit. Rien n’est épargné au lecteur qui passe de la joie, à la colère, à la haine, à l’espoir. La dimension mystique donne une dimension très forte à ce récit et ancre les sentiments des personnages. Ce dernier aspect a fini de me conquérir.

L’écriture de l’auteur ainsi que le choix des mots hypnotisent le lecteur, qui ne peut que se laisser bercer et entraîner au fil des pages. L’habilité de l’auteur s’exerce aussi dans la dynamique rendue lors des scènes d’action.

Des personnages méticuleusement bien travaillés. Chacun a sa place (ou pas), mais prend corps totalement au milieu des différents événements. Les décors peuvent se transformer, les protagonistes, évoluer, une seule chose ne peut changer c’est l’Amour. Un des thèmes centraux du livre, jusqu’où est-on prêt à aller par amour ? La détermination, l’attraction et l’aveuglement peuvent guider les âmes, l’une vers l’autre. Est-on réellement maître de son destin ?

LES AMES DED

Résumé : La Nouvelle-Orléans, 1975. Dans la pénombre de l’église, une fillette supplie le prêtre de l’aider : un homme étrange qui se dit son ami la suit partout, mais elle est la seule à le voir, personne ne la croit ! Elle s’appelle Cassandre, elle est terrifiée, et le prêtre ne trouve pas les mots… la fillette s’enfuit.
Dix ans après, à New York, quand Cassandre tombe follement amoureuse, la peur revient : le fantôme qui la hante depuis son enfance n’acceptera jamais de rival…

Date de publication : 10.05.2012 aux Editions Kero – 06.10.2016 aux Editions Pocket

Autres retours sur ce livre : Mes Evasions Livresques

Quelques mots sur notre rencontre

MANZOR

Le Silence des Pères de Martin Gouesse

l silence des pères

Mon avis : Une très belle rencontre avec Maxime, brisé par des chocs qui le poursuivent. Comment se remettre d’un tel événement ? Journaliste oui, mais assisté au massacre de son équipe. Malgré ses cauchemars, il va se lancer dans une enquête qui va l’emmener en Normandie, différents événements se succèdent, sans rapport entre eux en apparence… Et pourtant, ce qu’il va mettre en lumière c’est un trafic qui traverse l’Europe et ne connaît pas de frontière.

Retourner dans la demeure familiale va raviver d’autres souvenirs, sombres et douloureux. Les secrets de famille enfouis l’accompagnent depuis sa tendre enfance et vont refaire surface, c’est la deuxième explosion.

Une enquête rudement bien menée avec tous les ingrédients qui tiennent en haleine le lecteur. Des surprises, des rebondissements, à chaque virage son lot d’événements et le puzzle prend forme. Mais pas que… la partie roman noir avec les souvenirs ravivés et qui éclatent au grand jour entre les deux frères. Maxime et Julien ont grandi ensemble, vécu le poids d’un fait marquant mais chacun va réagir différemment.

L’auteur jongle avec brio l’alternance à travers Maxime, l’enquête, puis son frère les noirceurs du passé qui remontent à la surface. Les rythmes également varient selon les thèmes. Un pur plaisir de lecture à travers ces deux phases qui s’imbriquent à merveille. Une construction qui assure au lecteur le suivi dans le passé, le présent et les souvenirs.

C’est noir, l’humain, ses travers ses failles et ses facilités, un cocktail détonant. Chacun a sa place, a construit sa vie en fonction de ses ressentis, ses souffrances, mais tous restent marqués à vie. La scène de confrontation entre les deux frères, dans la voiture est à la fois poignante et déroutante, ils sont besoin de cracher leur ressenti, le lecteur ne reste pas insensible.

L’auteur distille également très bien les conséquences psychologiques des différents traumatismes. A travers les personnages fouillés, qui font corps face à la réalité et face au monde, chacun à leur façon. Le poids de l’ombre est omniprésent, personnifié, donne l’impression d’être un personnage à part entière. Chaque acte a sa conséquence.

Beaucoup d’émotions transpirent lors de cette lecture. Ressortent les bons comme l’obscurité de l’âme humaine. Rien n’est omis. L’écriture à la fois factuelle et pudique dans le choix des mots laisse toute place à l’imagination et aux émotions du lecteur.

Un premier roman qui percute, ne laisse ni insensible, ni indifférent. L’auteur balaie d’une main de maître un ensemble de sujets, tragiques. Le tout saupoudré de manipulation et de violence souvent sous-entendu, c’est le lecteur et son interprétation qui se fond dans l’histoire.

Une excellente découverte. J’ai vraiment hâte de découvrir le prochain livre de cet auteur que je vous conseille de garder à l’œil.

Résumé : Lors d’une mission au Moyen-Orient Maxime, grand reporter pour la télévision, a vu la voiture où se trouvait son équipe – caméraman et fixeur, exploser devant ses yeux. Anéanti, traumatisé par ses images, il sombre dans la dépression. Dans la clinique où il est alité, Maxime observe, fasciné, les tatouages de coupoles d’églises orthodoxes qui couvrent le dos du patient allongé sur le lit voisin : un vieil homme à la peau burinée, qui marmonne des paroles incompréhensibles en ukrainien. Malgré le brouillard cotonneux où le plongent les médicaments, la curiosité de Maxime est piquée au vif. Un regain de vie afflue, il se lève et quitte l’hôpital pour faire ce qu’il sait faire : enquêter, écrire, raconter.

Date de publication : 22.01.2021 aux Editions Filature(s)

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