Le sourire du scorpion de Patrice Gain

« Livre lu, sur les conseils de … »
Geneviève, du blog Collectif Polar, voici son avis

LE SOURIRE DU SCORPION

Mon avis : J’ai beaucoup aimé que l’on vive cette histoire à travers les yeux de Tom, jeune garçon qui part en expédition sportive avec sa sœur jumelle, ses parents et un ami serbe qui leur sert de guide. Un moment convivial des joies en famille, le partage, les échanges et profiter des instants est au rendez-vous. Les descriptions du décor ponctuent cette partie du récit, peu à peu j’ai ressenti un malaise, les caractères bien trempés de chacun vont se révéler aussi… Certaines craintes vont naître…chez les protagonistes et le lecteur.

Si le cadre paraît idyllique, la nature peut se montrer également hostile….

L’auteur use d’une écriture simple mais très efficace, c’est la force de ce livre, ce sont les personnages et la place prédominante de la nature, qui sont mis en avant. Les alternances de scènes également et l’ambiance m’a fait penser souvent à ce fait : vous regardez un film la scène qui se déroule sous vos yeux n’a rien de terrifiant et pourtant vous entendez la petite musique qui monte et qui vous fait grimper la pression. Ici, c’est pareil… Et c’est magique comme lecture, que la tension monte « juste grâce » à l’enchaînement très habile des scènes…

Il y aura un avant et un après le drame qui plongera cette famille sans un puit (de douleur) sans fond. Pourtant chacun va réagir de diverses manières, les ressentis sont différents, Tom va devoir se trouver une nouvelle place car tout à voler en éclat. Même une distance se créée vis-à-vis de sa sœur jumelle… Il grandit, gère, affronte, essaie de se relever et de même pour sa famille. Même sa mère ne semble plus le voir…

Des rencontres inopinées vont le faire revivre le fameux jour fatidique… Des questions vont s’entasser… Le lecteur a un peu d’avance sur Tom mais il reste attentif à ce jeune homme qui lutte pour se construire et qui va devoir tirer le voile qui le sépare de la vérité.

J’ai adoré le personnage de Tom sensible, réfléchi, doté d’une certaine logique malgré une vie de bohème dans le camion… J’ai eu des moments de crispations quand l’auteur s’immisce et nous souffle comme Tom vers une réalité.

Une fin à couper le souffle qui marque, qui tape, on pensait avoir tout lu dans ce récit, que les souffrances sont derrières et pourtant. Quand l’avalanche des drames est lancée, difficile de l’arrêter, surtout quand… Je vous laisse découvrir par vous-même.

Une lecture qui interpelle, qui percute, des événements réels dans certains pays mis en lumière à travers ce récit, font réfléchir et sont bien amenés. L’auteur ne tombe pas dans la facilité des clichés.

Un décor et des personnages denses et riches, parfaitement bien travaillés qui emportent totalement le lecteur au milieu de ce drame familial… Le passé ne s’efface jamais…

Résumé : Tom, sa sœur jumelle Luna et leurs parents s’engagent dans le canyon de la Tara en raft. Une belle étape de plus dans leur vie nomade. Pourtant, malgré les paysages monténégrins époustouflants, la complicité familiale et la présence rassurante de Goran, leur guide serbe, la tension envahit peu à peu le canyon et le drame frappe, sans appel. Du haut de ses quinze ans, Tom prend de plein fouet la violence du deuil et de la solitude. Mais, en dépit du chaos qui lui tient désormais lieu de vie, il ne peut s’empêcher de retracer les événements et le doute s’immisce : ne sont-ils pas les victimes d’une histoire bien plus grande que la leur ?

Date de publication : 02.01.2020 aux Editions Le Mot et le Reste  

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Mon avis : Incandescemment noir ! Je ne sais pas si le mot existe, il faudrait l’inventer ! Très touchant et émouvant, du brûlant au glaçant ! Je vais m’expliquer…

J’ai totalement été emportée par Josselin qui souhaite se reconstruire suite à son départ de l’armée. Souffrant de choc post-traumatique en plus d’avoir laissé un œil au Mali. Il choisit de retourner sur un lieu de vacances lointain. Le temps a passé et pourtant il sait que c’est là qu’il peut reprendre pied.

Sur des concours de circonstances il va être accueilli par Henri, veuf, ferronnier. Le tournant et la magie va s’opérer. Cette rencontre va se révéler comme étant LA rencontre. Entre personnes qui ont souffert, leurs échanges ou leur absence permettent à chacun de transmettre à l’autre.

Joss apporte sa jeunesse, sa présence, Henri le gîte, le couvert et lui ouvre les portes de sa passion et des codes de ses sculptures. Un duo improbable qui va être amené à affronter les difficultés, les rancunes, les affrontements car même si cette ville paraît paisible ; elle renferme au contraire des secrets, des violences, des luttes intestines et le tout sous un brouillard opaque où chacun préfère tourner les yeux et vivre « comme si de rien n’était ».

Un livre qui prend littéralement aux tripes, tant sur les descriptions de l’environnement, qu’avec les personnages. Le décor est à lui tout seul un protagoniste qui prend corps. Suivant les jours, l’angle de vision il peut être à la fois magnifique ou totalement austère. L’auteur choisit très habilement d’accentuer ou de distiller les ingrédients suivant les effets qu’il choisit de nous transmettre et des émotions.

Alors côté personnages on a du plus attachant où le lecteur peut se révolter suivant ce qui lui arrive !!! Au plus détestable où l’on aimerait rentrer dans le livre et distribuer quelques baffes. Pardon je m’éloigne… je m’emporte, ce livre m’a fait passer du sourire aux bords des larmes suivant les pages parcourues, des passages poignants. Cette lecture ne laisse pas indifférent, on se révolte, on a envie d’hurler, de plaisir et on profite des quelques moments d’éclaircies que permet la vie et l’auteur.

Un parallèle qui m’a totalement frappée pendant cette lecture, dans cette atmosphère : l’alternance du chaud et du froid dans les émotions. Certaines joies (chaud), les malheurs (le froid), comme l’impression d’être l’acier entre les mains d’Henri. Un coup dans la braise, un coup dans le seau d’eau froide… Entre les deux on se prend des coups, on s’en prend plein la tête au sens propre et figuré. Même ressenti avec les moments de la journée, le soleil et la nuit…

L’auteur place son récit dans le monde rural avec l’omniprésence de la nature mais ne tombe dans le cliché de l’ambiance idyllique, il démontre également la puissance et la pression que peuvent infliger par certaines personnes qui se sentent emplies de pouvoir et leurs dérives. Où l’absence de rébellion ou de dénonciation car tout le monde se connaît et ne souhaite pas faire de vague, il manquerait plus qu’on perde son travail…

Je me suis sentie au centre de cette histoire tellement l’auteur arrive à nous immerger, nous devinons certaines choses mais cela n’enlève en rien au plaisir de la lecture.

Des personnages denses qui ont du corps, une âme, une place, une histoire qui nous touchent de plein fouet. Le tout enrobé par une écriture très bien travaillée, aucune fausse note ; une pure merveille pour les yeux. Pour ceux qui, comme moi, ont lu les livres précédents de l’auteur, j’ai trouvé ici que l’auteur monte encore d’un cran pour notre plus grand bonheur.

Je crois vous avoir dit tout le bien que je pensais de ce roman noir sociétal, il ne vous reste plus qu’à le découvrir, j’espère avoir trouvé les bons mots, pour vous faire comprendre ce Coup de Cœur !!!

Résumé : Ce qui frappe quand on le voit, c’est sa monophtalmie. Pourtant, Josselin a perdu bien plus que son œil pendant son service au Mali. Au moment de rentrer au pays, un souvenir s’impose à lui comme seule source de réconfort, celui d’un lointain été passé à Missoulat, en compagnie de Damien, Martin et surtout d’Emma. L’été de ses seize ans. En route pour retrouver ce qu’il reste de sa jeunesse, un accident le dévie de sa trajectoire et l’amène à rencontrer Henri, un artiste ferronnier que la vie n’a pas épargné non plus. Bientôt, les problèmes du vieil homme deviennent aussi les siens, et Josselin découvre que même au sein d’une petite ville comme Missoulat, une tragédie politique et familiale peut briser des hommes et des vies. Entre crises post-traumatiques et règlements de comptes, son chemin vers la rédemption promet d’être long.

Date de publication : 18.03.2021 aux Editions Le Mot et le Reste

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Quelques mots sur notre rencontre

VIDAL SEBASTIEN