Cinq Cartes Brûlées de Sophie Loubière

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Mon avis : Nous découvrons la vie tragique de Laurence tout le temps harcelée, principalement par son frère. Elle va grandir dans une famille où ce grand frère n’a jamais accepté son arrivée. Brimée, violentée, elle va se construire ainsi et qui va l’entraîner à faire des choix très lourds de conséquences.

Même quand elle va arriver à se sortir de cette emprise en quittant jeune la maison afin de devenir une grande championne, elle ne va pas arriver à s’épanouir. L’ombre plane toujours et lorsqu’elle est rattrapée par sa vie. De retour dans sa ville, elle va continuer à sombrer. Maltraitée psychologiquement elle va plonger encore plus profondément dans une spirale totalement négative et névrosée. Une rencontre va encore une fois la sortir de son quotidien et pourtant…

Un personnage très attachant, l’empathie est au rendez-vous. J’ai été de suite prise d’affection pour la « pauvre Laurence » qui malgré les quelques signes du destin la plongera malgré elle au plus profond de l’abime. En parallèle, se développe une antipathie vis-à-vis de Thierry ce frère tyrannique.

L’enfance est très bien décrite par l’auteur, l’alternance du passé et du présent, permet de comprendre les différentes évolutions et les schémas psychologiques se dessinent peu à peu. J’ai beaucoup apprécié cette alternance où l’on découvre peu à peu le passé. Différents éléments sont habilement distillés d’ici de là et se place indirectement dans l’esprit du lecteur.

Cette mécanique a très bien fonctionné lors de ma lecture. J’ai été impressionnée par la puissance de cette dimension psychologique. Cette emprise infernale qui amènera Laurence vers l’irrémédiable. L’auteur signe ici un excellent thriller avec à la fois une grande puissance et une dimension humaine très bien décrite. Une véritable réussite !!! Un sacré coup de poing ce livre !!

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Résumé : Laurence Graissac grandit aux côtés de son frère, Thierry, qui prend toujours un malin plaisir à la harceler et à l’humilier. Du pavillon sinistre de son enfance à Saint-Flour, elle garde des blessures à vif, comme les signes d’une existence balayée par le destin. Mais Laurence a bien l’intention de devenir la femme qu’elle ne s’est jamais autorisée à être, quel qu’en soit le prix à payer. Le jour où le discret docteur Bashert, en proie à une addiction au jeu, croise sa route, la donne pourrait enfin changer…

Date de parution : 16.01.2020 aux Editions Fleuve Noir

A découvrir du même auteur : Black Coffee 

D’autres avis sur ce livre : Pause Polars, Aude Bouquine, Collectif Polar retour 1, Collectif Polar retour 2, BlackNovel1,

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Fais-le pour Maman de François Xavier Dillard

fais le pour maman

Mon avis : Une histoire mêlant passé et présent, plus nous progressions, plus nous nous en apprenons. Les racines du passé forgent l’avenir. Une fratrie, deux destins, un passé lourd et qui imprimera à jamais leur existence.

Sébastien adopté par une famille aimante, deviendra médecin, se mariera, aura deux enfants. Sa sœur Valérie, confrontée à la violence des foyers et des institutions, va errer et chercher à survivre.

Un époustouflant thriller, une fin prodigieuse. J’ai beaucoup apprécié l’alternance des narrateurs, nous sommes tour à tour dans la tête et nus suivons les pensées de chacun des protagonistes. J’ai aussi été tenu en haleine par l’ambiance très psychologique de ce livre, de cette histoire. Le schéma, cause dans le passé-conséquences dans le présent, être très bien déroulé.

Chacun des personnages est d’une puissance, un charisme, tout particulier Léa, fille aînée de Sébastien qui vit son statut de jeune adolescente orpheline de mère et dont le père médecin se met corps et âme au service des autres. Elle est à la fois très attachante, très mature, et elle se livre à des réflexions qui embarquent le lecteur à ses côtés.

Claire, commissaire nouvellement arrivée dans cette ville, doit également faire face à son passé et se reconstruire.

Le deuil, les sentiments et le passé sont très présents dans ce livre qu’ils en sont presque des personnages. La reconstruction physique et psychologique postérieure a des drames est au centre de cette intrigue. Le pouvoir des mots ou attitude face à des personnages psychologiquement fragiles est très bien décrite, ainsi que la manipulation et la machination.

L’écriture est fluide, l’alternance passé-présent et les changements de narrateur rendent cette lecture très dynamique et totalement addictive. Les déchirures et les impacts du passé pour faire face à l’avenir ont une place prédominante et s’imbrique parfaitement à cette enquête.

La quête du bonheur et l’espoir sont aussi évoqués grâce à Léa.

Une fin qui m’a totalement estomaquée, n’ayant rien vu venir, j’en suis restée abasourdie et bouche bée. Aucune hésitation je découvrirai les autres livres de l’auteur.

Résumé : Au début des années 70, Sébastien, 7 ans, vit seul avec sa mère et sa sœur adolescente, Valérie. Leur mère arrive tant bien que mal à joindre les deux bouts, malgré ses deux emplois qui lui prennent tout son temps et toute son énergie. Une dispute de trop avec sa fille qui dégénère, et c’est le drame familial. Valérie survivra à ses blessures mais la police ne croit pas à la version de la mère accusant son petit garçon d’avoir blessé sa sœur. La mère prendra 5 ans de prison. Des années plus tard, et grâce à ses parents adoptifs, Sébastien mène une vie « normale », alors que sa sœur vit dans un institut spécialisé et que sa mère n’est jamais reparue après sa sortie de prison. Sébastien est devenu un père et un médecin exemplaires. Jusqu’à de mystérieux décès d’enfants parmi ses patients et avec eux, le retour funeste des voix du passé…

Date de parution : 13.05.2014 aux Editions Fleuve Noire

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Black Coffee de Sophie Loubière

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Mon avis : Une rencontre improbable entre Desmond G. Blur, dont la famille a été victime d’un tueur; et Laura Lombard dont le mari a disparu. Une quête les lie même si leurs objectifs sont différents, Desmond veut savoir qui est le meurtrier de sa sœur et Laura souhaite retrouver le père de son fils.
Des personnages très attachants qui vont s’improviser enquêteurs et se lier au fur et à mesure de leurs découvertes. Ils vont traverser ensemble de nombreuses embuches, impasses, vous devoir surmonter leurs doutes et leurs craintes.
L’auteur, grâce à ses merveilleuses descriptions tant des lieux que des crimes, nous immerge totalement sur le tracé de cette fameuse route 66. Le lecteur est transporté aux côté de ces deux enquêteurs acharnés, qui ne perdent pas espoir, même si parfois l’envie d’arrêter les met au défi de continuer. Les enfants très actifs dans les recherches de Pierre Lombard, participent malgré eux aux rebondissements de ce thriller. Une écriture magistrale, alliant le passé et le présent, qui tient en haleine, provoque parfois l’effroi ou le vertige. Jusqu’où l’auteur va entraîner ses deux personnages principaux, chacun en quête de vérité ? Un rythme et un suspense maintenus jusqu’au bout d’une plume de maître. Ensuite, une nouvelle question se pose lorsque la vérité se manifeste, que fait-on ?

Résumé : Narcissa, Oklahoma, juillet 1966. Un jour de grand beau temps, un homme fut pris d’un coup de folie. Il égorgea une femme dans une maison et poignarda une petite fille dans le jardin. Il laissa pour morte une mère de famille et son fils, puis repartit à bord d’une Ford Mustang, couvert de sang. Été 2011. Une Française, Laura Lombard, part à la recherche du père d’un ses deux enfants, volatilisé sur la route 66. Sa seule piste : un cahier que son mari lui aurait envoyé et qui pourrait bien être la preuve de l’existence d’un des plus ahurissants criminels que les États-Unis aient connu… et dont le chemin traversait déjà la petite ville de Narcissa à l’été 1966.

Date de parution : 14.02.2013 aux Editions Fleuve Noir, 13.10.2016 aux Editions Pocket

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Prendre Lily de Marie Neuser

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Mon avis : Une enquête rudement menée, où l’équipe ne lâche rien pendant huit ans. Les enquêteurs vont multiplier les investigations sans relâche, interroger et ré interroger le suspect, éplucher ses alibis, les surveillances, les filatures, rechercher des affaires similaires ; ils vont même se déplacer en Europe, contacter Quantico afin d’établir un profil du tueur qui pourrait les mettre sur la bonne piste. Ils multiplient les appels à témoins, les émissions de télévision, mais c’est l’impasse.
Des protagonistes qui nous transportent avec eux, tant dans l’enquête, que dans leur vie personnelle, l’inspecteur MC Liam est rongée d’être au point mort, la frustration le gagne, sa vie prend un tournant car sa tête et son esprit sont concentrés sur ce sur ce suspect et ses victimes qui le hantent, jour après jour, année après année. Serait-il capable de franchir les limites pour déstabiliser ce suspect inébranlable jusqu’à présent ?
Une histoire bien ficelée, de très nombreux rebondissements. La fluidité de la plume de l’auteur nous guide parfaitement au milieu de ces multiples intrigues. Le lecteur est entraîné dans cette enquête, est imprégné par les ressentis et désarrois des enquêteurs, très habilement retranscrits dans cette œuvre. Marie Neuser a su maintenir le suspense et le lecteur en haleine, malgré une enquête qui s’étale sur plusieurs années ; pas de longueurs, pas de temps morts. Un rythme toujours soutenu du début à la fin, cette dernière est époustouflante.
J’ai beaucoup aimé ce livre, je me plongerai avec grand plaisir dans la suite Prendre Gloria et j’irai aussi découvrir les autres livres de l’auteur.

Résumé : Une mère de famille retrouvée assassinée dans sa baignoire, les doigts comme un écrin renfermant deux mèches de cheveux. Le corps d’une étudiante coréenne abandonné la nuit dans un quartier désert. Et des jeunes femmes qui témoignent : leurs cheveux coupés net, tandis qu’elles vivent, marchent, respirent dans une petite ville balnéaire d’Angleterre qui ne connaît pas les débordements. Non loin de la salle de bains de Lily Hewitt vit Damiano Solivo. On lui donnerait le bon Dieu sans confession si ce n’étaient ces déviances auxquelles il s’adonne en secret. Mais son épouse peut le jurer : Damiano est innocent. Damiano est même victime. Victime, oui : de la complexité d’une machinerie sociale et judiciaire qui sait comment on façonne les monstres.

Date de parution : 12.05.2016 aux Editions Fleuve

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