Vivants de Mehdi Charef

VIVANT

#Marentréelittéraire2020

 Lecture de Septembre

Mon avis : Mehdi et sa famille rejoignent son père en France. A l’âge de 10 ans, il va devoir faire face aux multiples bouleversements de sa vie depuis cette arrivée, dans les ghettos d’immigrés de Nanterre. A travers ses yeux, le lecteur vit ses réflexions, ses pensées.

Les changements se situent à plusieurs niveaux, tant culturelles que le mode de vie.

La dureté des changements et sa découverte de ce nouveau monde sont dévoilées peu à peu. L’alternance passé-présente nous permet de comprendre la façon dont l’auteur aborde sa nouvelle vie.

Rien n’est épargné à ce jeune adolescent, il met en lumière très habilement le quotidien, l’école, le marché et toutes les tâches quotidiennes.

Son père qui travaille dur la semaine mais ne sait pas écrire son nom. Jeune garçon, de nombreuses tâches lui sont incombées, en effet la barrière de la langue (écrite et parlée) se fait rapidement sentir vis-à-vis de sa mère.

J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir cet épisode de vie, surtout car l’auteur se replace dans la situation de l’enfant qui l’était. L’écriture est fluide mais les émotions explosent à chaque phrase. Les descriptions peuvent être comparées à des photographies. L’immersion est totale, des senteurs d’épices au froid ressenti. Parfois certains passages sont glaçants d’effroi.

Le deuil, l’amour, la solitude, la haine et l’envie sont des notions très bien retranscrites. De même, le rôle des femmes et des mères est prédominant et le lecteur ressent leur importance, leur pouvoir. Parallèlement, la façon dont les français gaulois sont perçus, nous donne à réfléchir, tout autant que le personnage du cousin dont l’auteur porte un jugement sincère.

La famille au premier plan, l’entraide de la communauté, découvrir les soins, l’enseignements ; en même temps que Mehdi ouvre les yeux, nous le vivons à travers ses yeux.

Puissamment, l’auteur a su parfaitement faire passer ses ressentis. La noirceur, la tristesse ou la colère sont palpables, au même titre que l’incompréhension et les doutes.

Une lecture qui m’a touchée et émue. Apprendre, comprendre et se rendre compte du passé, peut permettre de mieux appréhender le présent et de facto l’avenir.

Un style touchant et poignant, je lirai sans aucun doute d’autres livres.

vivants ded

Résumé : J’apprends à mon père à écrire son nom. Il tient bien le stylo entre ses trois doigts, il ne tremble pas. Est-il épaté ou troublé d’écrire pour la première fois de sa vie, à trente-six ans ?
Mon père est de cette génération qu’on a fait venir en France après la Seconde Guerre mondiale, pour reconstruire ce que les Américains et les Allemands avaient bombardé. Que de temps perdu, depuis les années qu’il est là. On aurait pu proposer aux ouvriers algériens des cours du soir, leur montrer ainsi un peu d’estime. Ils devraient tous savoir lire et écrire.
Mon père sourit, ses yeux brillent. Il est là, surpris, ému, parce qu’il voit bien que ce n’est pas si difficile que ça de se servir d’un stylo. À côté de lui, j’entends sa respiration, son souffle.
À quoi pense-t-il ce soir dans notre baraque ? Se dit-il qu’analphabète, il est une proie facile pour ses employeurs, un animal en captivité ?
La colère monte en moi.

Date de publication : 20.08.2020 aux Editions Hors d’Atteinte

Quelques mots sur notre rencontre

charef

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